Repères

  • Définition de l’ANLCI (2003) :


"L’illettrisme qualifie la situation de personnes de plus de 16 ans, qui, bien qu’ayant été scolarisées, ne parviennent pas à lire et comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à écrire pour transmettre des informations simples. Pour certaines personnes, ces difficultés en lecture et écriture peuvent se combiner, à des degrés divers, avec une insuffisante maîtrise d’autres compétences de base comme la communication orale, le raisonnement logique, la compréhension et l’utilisation des nombres et des opérations, la prise de repères dans l’espace et dans le temps, etc. Malgré ces déficits, les personnes en situation d’illettrisme ont acquis de l’expérience, une culture et un capital de compétences en ne s’appuyant pas ou peu sur la capacité à lire et à écrire. Certaines ont pu ainsi s’intégrer à la vie sociale et professionnelle, mais l’équilibre est fragile, et le risque de marginalisation permanent. D’autres se trouvent dans des situations d’exclusion où l’illettrisme se conjugue avec d’autres facteurs."
Les situations d’illettrisme sont à différencier des situations d’analphabétisme. L’analphabétisme désigne l’absence ou l’insuffisance de la capacité à lire et à écrire en langue française, mais pour les personnes étrangères ou d’origine étrangère n’ayant jamais appris un code écrit.

 

  • Définitions de l’UNESCO : l’analphabétisme fonctionnel


.:  Définition de 1958 : "Est fonctionnellement analphabète toute personne incapable de lire et d’écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec sa vie quotidienne."
.:  Définition de 1978 : "Est fonctionnellement alphabétisée toute personne capable d’exercer toutes les activités pour lesquelles l’alphabétisation est nécessaire dans l’intérêt du bon fonctionnement de son groupe et de sa communauté et aussi pour lui permettre de continuer à lire, écrire et calculer en vue de son propre développement et de celui de la communauté."

 

  •   ANNEES 80

C'est au début des années quatre-vingt que le problème de l'illettrisme est soulevé par les mouvements associatifs. Deux rapports se saisissent de la question : le premier, dans le cadre du Programme européen de lutte contre la pauvreté (1980), le second remis au premier ministre, « Contre la précarité et la pauvreté, 60 propositions » (1982) de G. Oheix, où pour la première fois, il est fait mention de l'illettrisme.

  •   1984

Le terme "Illettrisme" est repris par les auteurs du rapport « Des illettrés en France » (par Véronique Espérandieu et al.). L'existence de l'illettrisme est alors officiellement reconnue par le gouvernement français ; dans le même temps, le Parlement européen invite les états membres à se saisir du problème.
Octobre 1984 : création du GPLI (Groupe Permanent de Lutte contre l’Illettrisme) qui prend la forme d’une Commission interministérielle, rattachée au Ministère de l’Emploi et de la Solidarité
 

  •   1985-1996

Mise en place progressive :
  > Des programmes régionaux de lutte contre l’illettrisme (jusqu’à l’inscription de la lutte contre l’illettrisme dans les contrats de plan 1996-1999)
  > du réseau des correspondants régionaux et départementaux du GPLI
  > du réseau des "centres ressources illettrisme"
 

  • 1998

Adoption de la loi n 98-657 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions, du 29 juillet 1998 qui stipule (article 24) que : "la lutte contre l’illettrisme fait partie de l’éducation permanente. L’état, les collectivités territoriales, les établissements publics, les établissements d’enseignement publics et privés, les associations professionnelles, syndicales et familiales, ainsi que les entreprises y concourent chacun pour leur part. Les actions de lutte contre l’illettrisme sont des actions de formation (...). Les coûts de ces actions sont imputables au titre de l’obligation de participation au financement de la formation professionnelle (...). Elle indique enfin (article 149) que "la lutte contre l’illettrisme constitue une priorité nationale. Cette priorité est prise en compte par le service public de l’éducation ainsi que par les personnes publiques et privées qui assurent une mission de formation ou d’action sociale. Tous les services publics contribuent de manière coordonnée à la lutte contre l’illettrisme dans leurs domaines respectifs."
Ce dernier article est désormais inséré dans le livre IX du Code du Travail.
 

  •   1999

Mars - Rapport de Marie-Thérèse GEFFROY : "Lutter contre l’illettrisme" Ce rapport insiste sur la faiblesse des moyens dévolus au GPLI pour mettre en œuvre une politique nationale effective de lutte contre l’illettrisme.
 

  •   2000

Dissolution du GPLI 17 octobre 2000 Création de l’ANLCI - Agence nationale de lutte contre l’illettrisme - constituée sous la forme d’un groupement d’intérêt public par arrêté du 17 octobre 2000 (JO du 20 octobre 2000), qui a pour objet de "fédérer et d’optimiser les moyens affectés par l’Etat, les collectivités territoriales et les entreprises à la lutte

Dans un premier temps, l’expérience des acteurs de terrain permet de relever une multiplicité de causes qui souvent se combinent entre elles :

  • Un passé scolaire douloureux, des situations de rupture, de difficultés familiales, professionnelles, sociales, des situations de travail où le recours à l’écrit n’est pas nécessaire.
  • Un effritement des compétences de base lorsqu’elles ne sont pas utilisées, pratiquées, des problèmes de santé…

Agir contre l'illettrisme, c’est permettre à chacun d’acquérir ou de réacquérir ce socle fonctionnel, cette base de la base en lecture, écriture et calcul, ces compétences de base nécessaires aux actes simples de la vie quotidienne, pour être plus autonome dans sa vie familiale, professionnelle et citoyenne.

La notion d'illettrisme, directement liée aux transformations sociétales et à ses exigences sociale, culturelles, politiques et économiques, évolue en permanence dans une société ou les exigences augmentent.

Les conséquences de l’illettrisme

  • Le développement d'un sentiment de dévalorisation de soi
  • Les difficultés à communiquer, à s'exprimer, à échanger
  • Les difficultés à utiliser des biens et des services, à accéder aux soins, au logement, ...
  • Les difficultés à accéder à l'information, à construire de nouvelles connaissances
  • Les difficultés à accéder à l'emploi, à faire face aux changements dans son entreprise
  • Les difficultés à participer à la vie sociale et culturelle

Les formes de l'illettrisme

  • Ne pas savoir se repérer dans le temps et dans l’espace et circuler seul
  • Ne pas pouvoir faire ses courses
  • Ne pas savoir prendre un médicament
  • Ne pas savoir lire une notice
  • Ne pas savoir utiliser un appareil
  • Ne pas pouvoir suivre la scolarité de son enfant
  • Ne pas pouvoir entrer dans la lecture d’un livre
  • Ne pas pouvoir retirer de l’argent d’un distributeur automatique
  • Ne pas pouvoir lire un schéma
  • Ne pas savoir lire une consigne de travail ou de sécurité
  • Ne pas savoir lire un planning d’horaires de travail
  • Ne pas savoir calculer des quantités
  • Ne pas pouvoir communiquer avec son entourage au travail (clients, collègues, etc)

Si l’un de vos proches ou vous-même êtes confronté à l’une ou plusieurs de ces situations, il s’agit peut-être d’une forme d’illettrisme.

______________________________________________________________________________________________

Extrait d’un article : "Le point sur" in Sciences Humaines N°102 - Février 2000

"La première cause de l’illettrisme est la perte de compétences (lire et écrire) apprises. La seconde, plus fréquente, provient d’une acquisition insuffisante de la lecture et de l’écriture à l’école (...). Traquer l’illettrisme reviendrait donc à lutter contre l’échec scolaire, dont les origines sont souvent enchevêtrées : difficultés d’adaptation (comportements, relations), problèmes d’apprentissages (dysfonctionnements cognitifs, dyslexie), "handicap socioculturel"... Une corrélation forte existe entre illettrisme et parents de faible niveau de qualification, voire eux-mêmes illettrés. En fait, les études sur les illettrés montrent un cumul de facteurs entraînant l’échec scolaire : milieu social défavorisé, histoire familiale difficile, parcours scolaire heurté, échec dans les apprentissages..." Source : Sciences Humaines N° 102 - Février 2000

A consulter

 L’interview de Jean-Pierre Jaffré, linguiste, chercheur au CNRS, d’abord dans le laboratoire HESO (Histoire et structure des orthographes et des systèmes d'écriture) fondé par Nina Catach, puis dans le laboratoire LEAPLE (Laboratoire d'études sur l'acquisition et la pathologie du langage chez l'enfant)
http://www.bienlire.education.fr/04-media/a-interview19.asp

Pour en finir avec les idées reçues sur l'illettrisme : cliquer sur ce lien

En France actuellement trois enquêtes récentes peuvent fournir des informations utiles à la mesure du phénomène : l’enquête Information et vie quotidienne conduite par l’INSEE avec la participation de l’ANLCI, les tests des Journées Défense Citoyennté (JDC ex JAPD) traités par le Ministère de la défense et la Direction de l’évaluation et de la prospective du Ministère de l’éducation nationale, l’enquête internationale Projet International pour Suivi des Acquis des élèves (PISA) commanditée par l’OCDE et menée en France par la DEP.

IVQ Information et vie quotidienne

Des chiffres pour éclairer les décisions

7 % de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme, soit 2 500 000 personnes en métropole.

Qui sont-elles ?

Sur ces 2 500 000 personnes en situation d’illettrisme :

  • La moitié a plus de 45 ans. Attention aux idées reçues qui limitent ce phénomène aux classes d’âge les plus jeunes alors que les difficultés augmentent avec l’âge.
  • Plus de la moitié exerce une activité professionnelle. La lutte contre l’illettrisme touche donc de très près le monde du travail, de l'entreprise.
  • 71 % d’entre elles parlaient uniquement le français à la maison à l’âge de 5 ans. Attention aux idées reçues qui assimilent illettrisme et immigration.

Où vivent-elles ?

  • La moitié des personnes concernées en situation d’illettrisme,vivent dans des zones rurales ou faiblement peuplées, ce qui signifie que la politique doit s’organiser sur tout le territoire.
  • 10 % vivent dans les Zones Urbaines Sensibles (ZUS).

 

Cliquez pour télécharger la plaquette chiffres éditée en janvier 2013 
Cliquez pour télécharger la note INSEE parue le 18 décembre 2012


 

L’enquête Information et Vie Quotidienne réalisée par l’Insee en partenariat avec l’ANLCI porte sur la population âgée de 18 à 65 ans. En savoir plus

 

Les chiffres de l’enquête INSERTION VIE QUOTIDIENNE 2004 - 2005

Télécharger le document

 Télécharger l’enquête Information Vie Quotidienne 2002-2005

Données internationales

Il est difficile de trouver au niveau international des chiffres comparables à ceux que nous produisons sur l’illettrisme en France. La principale raison est que rares sont les pays qui distinguent entre difficulté face à l’écrit et illettrisme (scolarisation à l’étranger). « Illiteracy » en anglais regroupe aussi bien l’analphabétisme que l’illettrisme et les problèmes linguistiques des personnes immigrées. En 2005 un groupe de travail international sous l’égide de l’ANLCI et de la DGLFLF a produit un recensement des enquêtes sur l’illettrisme ou la « literacy » dans 4 pays (Grande Bretagne, Pays-Bas,  Allemagne et France) et à l’OCDE. (lien) On remarquera le très grand nombre d’enquêtes menées par nos voisins anglais.

Pour ce qui concerne les comparaisons impliquant la France, il faut mentionner le cycle des enquêtes PISA, même si ces enquêtes s’adressent à des jeunes de 15 ans encore scolarisés et si le but initial de ces enquêtes n’est pas d’identifier les jeunes en difficulté  mais de déterminer une compétence moyenne de la population des élèves de 15 ans de chaque pays dans trois domaines dont la « literacy ». Une fois cette compétence moyenne établie pour chaque pays, il est possible de procéder à des comparaisons.

Une enquête reposant sur des principes similaires est en cours en France et dans une vingtaine de pays de l’OCDE. Il s’agit de l’enquête PIAAC. On peut espérer des chiffres à la fin 2013.

OCDE – Regard sur l’Education

Conçue pour permettre aux pays d’évaluer la performance de leur système d’enseignement à la lumière de celle d’autres pays Regards sur l’éducation : Les indicateurs de l’OCDE présente un large éventail d’indicateurs actualisés et comparables sur les résultats des systèmes éducatifs. Ces indicateurs sont le fruit d’une concertation entre spécialistes sur la façon de mesurer l’état actuel de l’éducation à l’échelle internationale.

PISA (Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves)

L’enquête PISA vise les élèves de 15 ans français ou étrangers scolarisés en France et dans plus d’une trentaine de pays du monde. Cette enquête se déroule dans les établissements scolaires, lors d’une passation collective papier-crayon avec des épreuves similaires dans tous les pays. Elle explore plutôt des degrés élevés de compétences face à l’écrit. Une partie des questions fait appel à des réponses nécessitant d’écrire.

 

Zoom sur les chiffres en régions

En 2011, 16 % des personnes de 18 à 65 ans résidant en France éprouvent des difficultés dans les domaines fondamentaux de l'écrit, et pour 11 % ces difficultés sont graves ou fortes. Parmi celles qui ont été scolarisées en France, 7 % sont dans ce cas et peuvent donc être considérées en situation d'illettrisme, contre 9 % en 2004. Les personnes âgées de 18 à 29 ans ont de meilleurs résultats que les générations plus âgées en lecture et en compréhension orale.

Dans le domaine du calcul, la part des personnes très à l'aise baisse par rapport à 2004. Les performances en calcul se dégradent avec l'âge mais l'amélioration globalement enregistrée au fil des générations n'est plus de mise chez les plus jeunes. Les hommes ont plus souvent que les femmes des difficultés à l'écrit, mais c'est l'inverse en calcul.

Les chiffres de l'illettrisme issus de l'enquête IVQ 2011-2012 sont disponibles pour certaines régions.

Taux d'illettrisme parmi la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France (moyenne métropolitaine : 7 %)

Les chiffres des régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Réunion et Guyane seront disponibles en avril 2013.

Depuis 2006, des déclinaisons régionales ont été menées :

Enfin d’autres régions, avec l’aide des services statistiques de l’INSEE,ont produit des chiffres régionaux sur l’illettrisme en utilisant une méthode dite des « petits domaines ». Des publications INSEE sont disponibles pour ces régions.

Avertissement au lecteur

Néanmoins, il faut faire attention car les champs retenus par l’INSEE dans ses publications sont souvent différents de ceux de l’ANLCI dans la mesure où ils peuvent viser des publics différents : l'INSEE traite (en général) de la population en difficulté face à l'écrit (migrants à l’âge adulte  compris), l'ANLCI seulement de la population scolarisée en France (de nationalité française ou étrangère) et en difficulté face à l'écrit (définition 2003 de l'illettrisme).
Cette différence de champ, lorsqu'elle existe, rend les chiffres non comparables. De la même façon les chiffres obtenus par la méthode directe (celle mise en œuvre pour l’enquête nationale et les extensions) et ceux obtenus par la méthode des « petits domaines » ne sont pas directement comparables (par exemple en Ile de France). Afin de garder une cohérence au système nous ne donnons ici que les chiffres obtenus par la méthode nationale. Rappelons également que les chiffres donnés dans les publications de l'ANLCI ne concernent que le champ de la population ayant été  scolarisée en France.

Très prochainement, vous pourrez retrouver les résultats de l’enquête nationale IVQ 2012 ainsi que ses extensions et déclinaisons régionales pour les régions :

  • PACA
  • Picardie
  • Ile-de-France
  • Haute-Normandie
  • Nord-Pas-de-Calais
  • Guyane
  • Réunion

 

Tests de la Journée Défense et Citoyenneté (ex Journée d’Appel et de Préparation à la Défense - JAPD)

Public visé : les jeunes âgés de 17 à 19 ans français résidant sur le territoire national. Il s’agit d’une enquête annuelle depuis 1998 pour les garçons et depuis 2000 pour les filles qui s’effectue au cours de la journée défense citoyenneté. Un changement de protocole d’évaluation en 2003 rend la comparaison avec les années précédentes problématique. Cette enquête se déroule dans toutes les régions métropolitaines et d’outre mer. La passation est collective, il s’agit de tests en temps limité qui explorent les capacités en lecture (de la reconnaissance de mots à la compréhension de petits textes).

Chaque année, la journée défense et citoyenneté (ex JAPD accueille environ 800 000 jeunes, garçons et filles).

Voici les résultats des12 dernières années pour le Limousin et le détail pour les 3 départements (pourcentage des lecteurs en grande difficulté) ainsi que les chiffres nationaux.

 200420052006200720082009201020112012201320142015
Limousin4,13,73,94,43,84,44,34,743,93,23,9
Corrèze3,63,53,54,13,54,43,84,43,43,83,33,4
Creuse54,94,47,15,45,85,96,95,93,73,73,8
Hte Vienne3,93,443,73,53,93,44,23,742,94,1
Métropole4,44,34,84,94,94,54,34,13,73,53,5 
Métropole + DOM     5,15,14,84,44,14,14,3
             

 

Document de synthèse-JDC-Limousin 2004-2014

Lire la note d'information de la DEPP (Direction de l’Evaluation de la Prospective et de la Performance) sur la JDC 2014

Sur le site education.gouv.fr : les JDC de 2009 à 2014

Cadre législatif et institutionnel

La lutte contre l'illettrisme et la prévention de l'illettrisme ne font pas l'objet d'une réglementation particulière.

Pour autant, le phénomène de l'illettrisme est abordé ou traité dans des textes de portée plus générale qui visent à lutter contre les exclusions, à favoriser la formation professionnelle ou encore à prévenir le décrochage scolaire.

Ces textes sont pour partie repris dans le Code du travail ou dans le Code de l'éducation.

La lutte contre l’illettrisme

Loi n°98-657 du 29 juillet 1998 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions

La loi érige la lutte contre l’Illettrisme en priorité nationale (art. 149 abrogé). Elle est inscrite au Code du travail : la lutte contre l’illettrisme fait partie de l’éducation permanente. Cette priorité est prise en compte par le service public de l'éducation ainsi que par les personnes publiques et privées qui assurent une mission de formation ou d'action sociale. Tous les services publics contribuent de manière coordonnée à la lutte contre l'illettrisme dans leurs domaines d'action respectifs (art L900-6 du Code du travail modifié par la Loi n° 2004-391 du 4 mai 2004).

Cette loi mentionne en effet l’illettrisme :

- d’une part pour l’insertion professionnelle des jeunes (art. 5 abrogé) en disposant que « l'Etat prend l'initiative d'actions d'accompagnement personnalisé et renforcé ayant pour objet l'accès à l'emploi des jeunes » et que « les actions d'accompagnement personnalisé et renforcé comprennent notamment des mesures concernant la lutte contre l'illettrisme » ;

- d’autre part à propos des adultes, en énonçant que « la lutte contre l'illettrisme fait partie de l'éducation permanente », que « l'Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics, les établissements d'enseignement publics et privés, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales, ainsi que les entreprises y concourent chacun pour leur part », enfin que « les actions de lutte contre l'illettrisme sont des actions de formation » (art. 24). Ces dispositions sont inscrites dans le Code du travail (art. L6111-2 et L6313-1 alinéa 13).

Création de l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme (ANLCI) en octobre 2000

Créée sous forme de GIP, l’ANLCI a pour but de fédérer et d’optimiser les moyens de l’Etat, des collectivités territoriales, des entreprises et de la société civile pour prévenir et résorber l’illettrisme, d’animer et coordonner sa mise en œuvre. Son champ d’action se décline suivant trois axes :

  • la promotion de toutes les actions qui concourent à mesurer, prévenir et agir contre l’illettrisme et à favoriser l’accès de tous à la lecture, à l’écriture et aux compétences de base ;
  • la mutualisation et l’optimisation des moyens mobilisés dans la lutte contre l’illettrisme ;
  • l’accompagnement et l’aide des acteurs qui réalisent des actions prévention et de lutte contre l’illettrisme à se professionnaliser et à développer leurs compétences.

Loi n°2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social

Elle fait suite à l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la formation professionnelle du 20 septembre 2003 et renforce le cadre législatif en donnant à l’employeur « l’obligation d’assurer l’adaptation des salariés à leur poste de travail » et le rôle de « veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations » et qu’il « peut proposer des formations qui participent au développement des compétences, ainsi qu’à la lutte contre l’illettrisme » (article L6321-1).

Elle modifie l’article L900-6 (abrogé le 1er mai 2008) du Code du travail :

« Les actions de lutte contre l'illettrisme et l'apprentissage de la langue française font partie de la formation professionnelle tout au long de la vie. L'Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics, les établissements d'enseignement publics et privés, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales, ainsi que les entreprises y concourent chacun pour leur part. […] Les coûts de ces actions sont imputables au titre de l'obligation de participation au financement de la formation professionnelle. ».

La loi crée le droit individuel à la formation (DIF - art. L933-1 et suivants du Code du travail) et met en place des périodes de professionnalisation (art. L982).

Ces deux nouveaux dispositifs peuvent devenir des leviers significatifs, portés par l’art. L934-2 du Code du travail (abrogé) qui invite les branches professionnelles à prévoir des actions de formation en faveur des salariés ayant les niveaux de qualification les moins élevés, en particulier ceux qui ne maîtrisent pas les compétences de base (art. R2241-9 6°du Code du travail). Ces dispositifs demeurent complémentaires aux actions de formation de base inscrites dans les plans de formation des entreprises.

Loi n° 2007-209 du 19 février 2007 relative à la fonction publique territoriale

La loi, spécifique à la fonction publique territoriale, modifie en son chapitre Ier « Dispositions relatives à la formation professionnelle des agents territoriaux » l'article 1er de la Loi n° 84-594 du 12 juillet 1984 relative à la formation des agents de la fonction publique territoriale. Elle stipule notamment que « la formation professionnelle tout au long de la vie au sein de la fonction publique territoriale comprend les actions de lutte contre l'illettrisme et pour l'apprentissage de la langue française. »

Loi n°2008-1249 du 1er décembre 2008 généralisant le revenu de solidarité active et réformant les politiques d'insertion

La loi a créé le « Contrat unique d’insertion » (CUI). Ce contrat prend la forme du Contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) dans le secteur non marchand. Il a pour objet de faciliter l’insertion professionnelle et le retour durable à l’emploi des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles d’accès au marché du travail. Il est notamment applicable à certaines structures d'insertion par l'activité économique, les ateliers et chantiers d’insertion.

Loi n°2009-1437 du 24 novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie

Elle fait suite à l’accord national interprofessionnel (ANI) du 07 janvier 2009. Cette loi renforce le droit à l’information, à l’orientation et à la qualification professionnelles. L’enjeu de la sécurisation des parcours professionnel est mis en avant avec la création d’un Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (FPSPP). Les actions de formation de base pour les salariés et les demandeurs d’emploi visant l’accès à la maîtrise des compétences clés sont renforcées. (en savoir plus)

Code du travail, art. L6321-1 modifié par la Loi n°2009-1437 du 24 novembre 2009 - art. 13 L'employeur assure l'adaptation des salariés à leur poste de travail. Il veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations. Dans les entreprises et les groupes d'entreprises au sens de l'article L2331-1 employant au moins cinquante salariés, il organise pour chacun de ses salariés dans l'année qui suit leur quarante-cinquième anniversaire un entretien professionnel au cours duquel il informe le salarié notamment sur ses droits en matière d'accès à un bilan d'étape professionnel, à un bilan de compétences ou à une action de professionnalisation. Il peut proposer des formations qui participent au développement des compétences, ainsi qu'à la lutte contre l'illettrisme.

Code du travail, art. L6111-2, modifié par la Loi n°2009-1437 du 24 novembre 2009 - art. 2

Les connaissances et les compétences mentionnées au premier alinéa de l'art. L6111-1 prennent appui sur le socle mentionné à l’art. L122-1-1 du Code de l'éducation, qu'elles développent et complètent. Les actions de lutte contre l'illettrisme et en faveur de l'apprentissage de la langue française font également partie de la formation professionnelle tout au long de la vie.

Recommandations 2006/962/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006, en matière de compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie

Les compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie constituent un ensemble de connaissances, d'aptitudes et d'attitudes appropriées au contexte. Elles devraient être acquises par les jeunes au terme de la période obligatoire d'enseignement et de formation qui les prépare à la vie d'adulte, notamment à la vie professionnelle ; Il en va de même pour les adultes au cours de leur vie.

Les travaux de l’Union européenne ont conduit à identifier huit compétences clés :

  • communication dans la langue maternelle
  • communication en langues étrangères
  • compétences en mathématiques et compétences de base en sciences et technologies
  • compétence numérique
  • apprendre à apprendre
  • compétences sociales et civiques
  • esprit d'initiative et d'entreprise
  • sensibilité et expression culturelles

Ces compétences clés offrent un cadre de référence afin de soutenir les efforts nationaux et européens pour atteindre les objectifs qu'ils définissent. Il constitue un outil de référence à destination des États membres pour leurs politiques d'éducation et de formation.

 

La prévention de l’illettrisme

La loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République

Le Sénat a adopté en seconde lecture le projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République, mardi 25 juin 2013. Le texte voté étant conforme à celui issu de l’Assemblée nationale, la loi est donc définitivement adoptée par le Parlement.

 

Loi n°2005-380 du 23 avril 2005 d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école

C’est la seule loi cadre de la prévention de l’illettrisme.

Elle crée, à son art. 9, l’art. L122-1-1 du Code de l’éducation par lequel « La scolarité obligatoire doit au moins garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun constitué d'un ensemble de connaissances et de compétences qu'il est indispensable de maîtriser pour accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et réussir sa vie en société. Ce socle comprend :

  • la maîtrise de la langue française ;
  • la maîtrise des principaux éléments de mathématiques ;
  • une culture humaniste et scientifique permettant le libre exercice de la citoyenneté ;
  • la pratique d'au moins une langue vivante étrangère ;
  • la maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication. »

Au-delà de la définition du socle de connaissances et de compétences, la loi insiste dans son art. 16 sur la nécessité de la mise en place d’un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) dès lors qu’apparaît pour un écolier le risque de non maîtrise des connaissances et des compétences à la fin d’un cycle. Cet art. 16 crée l’art. L311-3-1 du Code de l’éducation.

Décret n°2006-830 du 11 juillet 2006 relatif au socle commun de connaissances et de compétences et modifiant le code de l'éducation

L'article 9 de la Loi du 23 avril 2005 d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école en arrête le principe. Le socle commun désigne un ensemble de connaissances et de compétences que les élèves doivent maîtriser à l'issue de la scolarité obligatoire pour poursuivre leur formation, construire leur avenir professionnel et réussir leur vie en société. S’il constitue le cadre de référence de la scolarité obligatoire, le socle ne se substitue pas aux programmes de l’école primaire et du collège.

Il s’organise en sept compétences :

  • la maîtrise de la langue française ;
  • la pratique d’une langue vivante étrangère ;
  • les compétences de base en mathématiques et la culture scientifique et technologique ;
  • la maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication ;
  • la culture humaniste ;
  • des compétences sociales et civiques ;
  • de l’autonomie et de l’initiative des élèves.

Le socle commun s’acquiert progressivement de l’école maternelle à la fin de la scolarité obligatoire.

La définition du socle commun prend également appui sur la proposition de recommandation du Parlement européen et du Conseil de l'Union européenne en matière de « compétences clés pour l'éducation et l'apprentissage tout au long de la vie ». Le décret crée les articles D122-1, D122-2 et D122-3 du Code de l’éducation.

Circulaire n°2006-138 du 25 août 2006 définissant les programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE)

Ce dispositif définit un projet personnalisé fondé sur les compétences acquises et les besoins repérés. Il doit permettre la progression de l’élève en associant les parents à son suivi.

Le PPRE est constitué d’actions qui ciblent des connaissances et des compétences précises. C’est un programme adapté aux besoins de chaque élève, qui s’appuie sur les compétences acquises. Son contenu et son intensité évoluent en fonction de l’élève concerné. Enfin, il est temporaire. Le PPRE est fondé sur une aide pédagogique d’équipe qui implique l’élève et associe sa famille.

A l’école, les aides sont mises en œuvre en tout premier lieu par l’instituteur. Les enseignants spécialisés du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) de la circonscription sont également appelés à apporter leur concours à la mise en œuvre des PPRE.

Au collège, les PPRE sont mis en œuvre par l’équipe pédagogique, notamment le professeur principal.

Circulaire n°2008-174 du 18 décembre 2008 relative au décrochage scolaire

Le décrochage scolaire est un processus qui conduit un jeune en formation initiale à quitter prématurément le système éducatif avant même d’avoir obtenu un diplôme de niveau V ou supérieur.

Lorsqu’un élève décroche, l’objectif est de le faire renouer avec les apprentissages. Il convient tout à la fois de lutter contre l’absentéisme et de suivre l’orientation de l’élève. Ces deux éléments sont en effet les deux principaux indicateurs du décrochage.

Cette circulaire est complétée par l’instruction n°09-060 JS du 22 avril 2009 relative à la prévention du décrochage scolaire et à l’accompagnement des jeunes sortant sans diplôme du système scolaire. L’instruction insiste sur trois points : l’amélioration du repérage des décrocheurs en formation initiale, la construction d’une meilleure coordination locale pour accompagner les jeunes sortant de formation initiale sans diplôme, le soutien des expérimentations locales de prévention et de traitement des sorties précoces de formation initiale.

Plan de prévention de l’illettrisme présenté le 29 mars 2010

Le plan pour prévenir l’illettrisme a pour axe principal l’appropriation de la langue et la maîtrise des apprentissages fondamentaux à l’école maternelle. Par ailleurs, il est indispensable que la sensibilisation des élèves à la lecture ait lieu dès le plus jeune âge afin qu’elle soit perçue non comme une contrainte mais comme un plaisir.

Ce plan porte sur trois points :

  • l'apprentissage méthodique du vocabulaire ;
  • la mémoire, par un apprentissage par cœur de textes qui développe la concentration et l'attention ;
  • l'accompagnement éducatif centré sur l'apprentissage des fondamentaux.
Haut